lundi 13 décembre 2010

Pourquoi les journalistes de la presse féminine ont-elles toujours un air blasé ?


Evidemment, il est fort logique de choisir la photo d'Anna Wintour pour illustrer un tel article. Elle n'a pas l'air blasé, elle fait juste la gueule... Pourquoi ? Je pense que c'est un genre qu'elle s'est donné pour se forger l'image d'une personne influente et inaccessible.
Bon, je ne vais pas dans ce post faire une analyse psy d'Anna Wintour...

Je me pose juste une question : pourquoi les journalistes dans les rédactions de la presse féminine ont elles toujours un air blasé ?
Attention, je ne veux pas généraliser car je connais des filles qui adorent leur métier...
Non, je parle de celles que je suis amenée à croiser souvent lors des conférences de presse ou lorsque je vais "quémander des piges"  moi pauvre free lance.
Pourquoi ont elles un air si évasif limite désespéré voir déprimé lorsque l'on évoque le contenu du prochain numéro ?

Vous allez vous dire : Isis est devenue folle ? Pourquoi critiquer celles qui la font (presque) manger ?

Non je m'inquiète juste un peu...

Oui je suis soucieuse pour ces femmes qui reçoivent cadeaux de presse sur cadeaux de presse, qui ne savent pas ce que veut dire payer un sac "plein pot", et que non les soldes de presse ne s'adressent pas à tout le monde.
Et que tout le monde n'a pas une copine attachée de presse chez Céline ou Chanel.

Je vous raconte cette histoire car il y a quelques jours, alors que j'attendais la rédactrice en chef d'un mensuel féminin(connu de toute modeuse)... bien assise sur le canapé de "l'open space", j'ai assisté à un bal... le bal de la presse féminine. Des filles superbes qui courent de droite à gauche en mangeant des fraises Tagada, des portables qui sonnent de partout, une secrétaire qui soupire, des chiens qui courent dans tous les sens, et des mannequins blafardes qui attendent pour THE casting du numéro spécial minceur post fêtes de fin d'année.

Bref, arrivent la rédac chef et son assistante "mode" (tout est cloisonné dans la presse féminine, chacune a un titre honorifique), 20 ans tout au plus, un look parfait du haut de ses 180 cm et 50 kg (je parle de l'assistante mode, la rédac chef, elle est quelconque mais c'est la fille de...) et là, elles me rappellent que mon devoir de pigiste est de "trouver le sujet hors du commun, du jamais vu, jamais lu, jamais entendu"... je parle en plaisantant de la pseudo réincarnation du Christ en Michael Jackson mais cela ne les fait pas rire... La situation est grave. Elles subissent la pression des financiers (?? quid ???), de là haut... Il faut SE DEMARQUER, travailler plus pour vendre plus !

Là je ne vois pas du tout... bref je comprends que je dois me démerder pour trouver THE sujet car elles croulent sous le boulot... qu'il faut les alléger...qu'elles craquent...que se taper la fashion week et les soirées happy few c'est trop dur... un rythme infernal, insoutenable...
Que leur boulot est déprimant, frustrant, débilisant.
Elles rêvent de pages politiques, de pages culturelles, de reportages valorisant....

En attendant je leur explique que "elles" au moins,  elles ont un bureau, des congés payés, un salaire, et le reste... mais à peine ai-je fini ma phrase qu'elles ont déjà le dos tourné.

Ah si !! J'ai juste entendu : "Isis on compte sur toi ! tu nous sauves la vie"...

Episode vrai de ma vie de journaliste pigiste blogueuse à ses heures...
Non je ne suis pas aigrie, je me dis juste que parfois la vie est injuste.

Isis


14 commentaires:

RebeccArmstrong a dit…

Peut-être qu'elles oublient de prendre du recul. Qu'il faut peut-être garder une certaine légèreté. Que leur vie dans le beau leur fait oublier le reste du monde...
Dans ta description, je revoyais les images du Diable s'habille en Prada!

Mia in TERRA LATINA a dit…

Il est super bien écrit ton article.

C'est un monde que je connais pas et qui me... rien, en fait !

Je n'aimerais pas travailler dans une telle ambiance.

Et toi, tu n'as le droit à rien dans tout ça ? Pas de ventes presse, pas de cadeaux ? Rien, nada,... ?

Enfin, si pour décrocher le gros lot il faut être blasée et ne plus rien ressentir... le choix est vite fait, non ?

Je préfère ta trombine bien sympa à celle de l'autre Anna !

Bizzzzz ;-)

Bizzzzz ;-)

Mia in TERRA LATINA a dit…

Bizzz ;-)

P.S. Parce que deux ça faisait moche !

Little Style Box a dit…

Ah ah, quelle histoire.... Je t'avoue ne pas trop rencontrer de vraies journalistes de mode (entre guillemets), mais le monde des pigistes est redoutable. Ce qui est sûr, applaudir à un défilé de mode fait mal aux mains ;-)

Lost in Mexico a dit…

Isis, c'est peut être bête à dire mais j'aime beaucoup beaucoup ton style ! (et encore plus les histoires croustillantes de ce monde qui peut faire rêver... ou pleurer...) Bises !

Isis Potins a dit…

@Toutes, ce que je raconte est du vécu !!!!

Isis Potins a dit…

@Lost in mexico.... merci... euh tout le monde écrit bien je trouve !!!! toi aussi au passage !

Mlle Toutouille a dit…

Moi je la trouve super ta blague sur Jésus réincarné en Michael Jackson.


Pour avoir cottoyé des attachées de presse, je crois qu'il y a une épidémie de névrose qui atteint ces gens. C'est triste. Et trèèèèèèèèèès aggaçant (non madame, le fait que tu ais perdu 2 minute à chercher tes clés dans ton sac alors que tu étais pressée, ne fais pas de toi une victime de la malchance, arrete de geindre et souffler- ou je te claque dans le mur).

lorena a dit…

Alala! Je pense que les gens se blasent trop vite, ne voient pas la chance qu'ils ont!!
Je suis certaine que leur métier doit être passionnant...Qu'elles changent de boulot et laissent la place à des motivées si c'est pour déprimer! Non mais ^^

Eudoxie a dit…

Super article! On y est. J'avais des copines comme ça, qui passent leur vie à soupirer, dire que "putain" c'est dur, alors qu'elles ont un job de rêve (il faut savoir se faire plaindre n'est ce pas?). Et sinon, c'est vite vu de se croire transformée en prêtresse. Même moi quand j'étais styliste et que je bossais chez X ou Y, je pensais dominer cette masse vulgaire de gens ignorants. (laisse moi rire, l'habitude m'en est bien passée depuis que j'ai dû m'expatrier..)

Chez Margaux ... a dit…

Elle ne se rend peut être plus compte de la chance qu'elle a.

Par moment dans la vie sa arrive.
Alors COURAGE à toi !!!

M.

Albane a dit…

Ha ha ha j'ai adoré ce billet ! tellement vrai ! Je connais une Tendanceuse (ma marraine) ! une vieille de la vieille en plus ! Elle semble toujours blasée, au bord de la crise de nerf...

Bertille Chic n' Bitch a dit…

Pour avoir travaillé comme scénographe dans le milieu de la danse contemporaine, je peux te dire que c'est un peu près la même chose...

Il n'y a pas si longtemps, j'ai eu un mail d'une personne pour qui j'ai travaillé il y a tout juste un an, qui me demandait : "peux-tu retirer cette video, elle n'est plus utile pour l'instant.

Le "pour l'instant" m'a achevé...

Isis Potins a dit…

@Bertille.... c'est affligeant
@rebecca... je n'arrive pas à te laisser de coms
@Mia et lost in mexico...merci choupettes
@little style box.... moi j'adore les défilés... le spectacle est dans la salle !
@mamzelle Toutouille :je crois que les attachées de presse sont à un degré au dessus de la névrose... (je vais me faire des ennemies)
@Lorena : un jour, j'ai dit à une journaliste de Biba qui se plaignait de son sort (tu te rends compte : Chanel lui avait envoyé un boomerang pour Noël...un drame pour une journaliste de se taille.... véridique) alors je lui ai suggéré de changer de métier et d'aller bosser comme caissière dans un monoprix....
@Eudoxie : 100 % vrai !
@Margaux, mais bien sûr que si elles en ont conscience !!!!
@Albane : sympa pour ta marraine !